LE VOCABULAIRE …. AUCLAIR !!!

ASSEMBLÉE NATIONALE
DÉBATS PARLEMENTAIRES

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE DU JEUDI 15 MAI 2003 (extrait)

COMPTE RENDU INTÉGRAL
2e séance du mercredi 14 mai 2003

   PRÉSIDENCE DE M. MARC-PHILIPPE DAUBRESSE

1
CHASSE

Suite de la discussion d’un projet de loi

    M. le président. L’ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi relatif à la chasse (n°s 758 et 821).

La parole est à M. Jean Auclair.

    M. Jean Auclair. Monsieur le président, vous m’aviez promis de me donner la parole, puisque j’ai en effet déposé un amendement, n° 77, que je tiens absolument à défendre.
    Monsieur le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, mes chers collègues, depuis le vote de la loi « chasse », on parle des dates d’ouverture du gibier d’eau, mais on oublie de parler des dates de fermeture du gibier terrestre, de la bécasse et des colombidés, par exemple. C’est que la chasse ne concerne pas que les départements maritimes ; elle concerne tout le territoire, notamment les départements de l’intérieur.
    Dans de nombreux départements, des chasseurs sont passionnés par la chasse à la bécasse et au pigeon. Or ils ne peuvent chasser ces oiseaux que lorsqu’ils sont là. J’ai donc déposé cet amendement pour repousser la date de fermeture de la chasse à la bécasse et au pigeon au dernier jour de février.
    Les données scientifiques les plus récentes attestent le bon état de conservation de certaines espèces. C’est le cas des bécasses, notamment grâce à la mise en place du carnet de PMA, qui est très bien respecté dans mon département. C’est aussi le cas des colombidés, en particulier des pigeons. Ceux-ci peuvent être chassés chez nos voisins européens au-delà du dernier jour de février, donc au-delà des dates imposées en France. Ils sont en outre empoisonnés dans certaines régions, comme en Beauce.
    Il est assez phénoménal de constater que les chasseurs n’ont pas le droit de tirer les pigeons jusqu’à la fin de février, et que, à partir de mars, avril ou mai, lorsqu’ils arrivent en Beauce, dans les départements de culture, ces pigeons risquent d’être empoisonnés !
    Vous allez me dire que ce n’est pas du ressort du législatif, mais du domaine réglementaire. Alors, je vais vous dire quelque chose : les chasseurs passionnés, de la loi, ils n’en ont rien à foutre ! Et du règlement non plus ! Ils n’en ont strictement rien à foutre ! Ils veulent absolument chasser ! (Protestations sur plusieurs bancs.)
    M. Yves Cochet. Eh bien, on en entend de belles !
    M. Jean-Paul Chanteguet.
Qu’est-ce que c’est que ce vocabulaire ?
    M. Jean Auclair.
Je trouve quand même inadmissible, et je m’exprime en leur nom, qu’on leur interdise de chasser en France, alors que l’on chasse dans les autres pays de la Communauté européenne et qu’on empoisonne les pigeons dans la Beauce !
    M. Gilles Cocquempot. Vous n’avez rien compris !
    M. Jean Auclair. Au nom du bon sens…
    M. Yves Cochet. Monsieur le président, ces propos sont scandaleux !
    M. Jean Auclair.
Naturellement, c’est scandaleux, monsieur Cochet. Mais, de toute façon, vous n’avez jamais vu une bécasse ni un pigeon de votre vie. Alors écoutez voir : quand on est un chasseur de salon comme vous, on la ferme et on ne s’adresse pas aux autres ! Allez chasser dans le XVIe arrondissement et ne venez surtout pas nous casser les pieds !
    M. le président.
Monsieur Auclair !
    M. Gilles Cocquempot.
C’est nul ! Ne dites pas que les chasseurs n’ont rien à foutre de la loi !
    M. Jean Auclair.
Parce que les gens qui ont foutu le pétard dans ce pays, ce sont des gens comme vous, des intégristes de l’écologie ! Vous feriez bien mieux d’avoir un peu de décence et de vous taire !
    M. le président.
Monsieur Auclair, un peu de calme !
    M. Jean Auclair.
Je suis très calme, monsieur le président, mais aussi passionné et indigné ! Moi, j’ai la passion chevillée au corps, comme tous les chasseurs de bécasse et de pigeon.
    M. le président. Avec tout le respect que tout le monde ici a pour les chasseurs, je rappelle que nous sommes dans une enceinte de législateurs, monsieur Auclair !
    M. Yves Cochet.
Il est très calme ! (Sourires.)
    M. Jean-Michel Ferrand. Ne l’énervez pas, monsieur Cochet !
    M. Jean-Paul Chanteguet. Il s’énerve tout seul !
    M. Jean Auclair. Monsieur le secrétaire d’Etat, au nom du bon sens, si vous pouviez prendre des décisions qui puissent satisfaire tous les passionnés de chasse à la bécasse et au pigeon, ce serait une bonne chose et tout le monde vous en saurait gré.
    M. le président. Si j’ai bien compris, monsieur Auclair, c’est ce que vous vouliez nous dire tout à l’heure.
 
Jean AUCLAIR

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